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Il me revient à l’esprit un poème où je compare métazoaires et protozoaires et je sais que l’homme 
moderne hier protozoaire cherchant sa nourriture, individu libre, est aujourd’hui devenu métazoaire 
au sein d’un super organisme Gaïa....
Si je souffre, est-ce encore un reliquat de judéo-christianisme, où vivre c’est souffrir, où souffrir est 
indispensable ?
Je dois être un des seuls qui se posent ces questions.
Je n’accepte pas encore ce nouvel univers qui se dévoilent peu à peu, où je ne suis qu’une cellule 
d’un super organisme, une cellule qui ne connaît pas bien son rôle... Mais faut-il chercher un rôle, 
une fonction à tout ? Faut il être mécaniste jusqu’au bout ? Je serais donc ce parasite, cet être sans 
valeur et j’aurais droit de vivre ?
Une petite voix me pique et me dit doucement : "ce que tu écris est trop noir pour être publié ou 
même seulement lu par quiconque. C’est signé du sceau de la déprime. Tu ferais mieux de stopper 
là ton écriture solitaire". Mais je réponds : "Cette écriture, c’est mon médicament, mon calment, 
c’est comme écouter une chanson triste et se sentir mieux après. Car la mélancolie est ainsi faite : 
elle nourrit mon écriture et mon écriture l’apaise.
Ma femme m’a dit ce matin : "Je donnerai beaucoup pour avoir ton métier. et quel métier n’est pas 
inutile"... et je réponds "le camionneur, l’agriculteur, les industries primaires. En fait tous les 
métiers dont le nombre de salariés se réduit de plus en plus dans nos pays occidentaux... Quelle 
ironie du sort". Quelle ironie du sort, être totalement inutile et profiter de tout. Être dans un cocon 
avec le seul souci de se sentir coupable de n’y être pour rien. Je vous le dis, le monde est mal fait.
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Mais où est ce nouvel univers dont il nous parle ? Vous dîtes vous.
Ce nouvel univers a commencé il y a six à trois ans. Il y a tout d’abord eu la naissance de sa fille. 
Un moment d’intense bonheur. Comme disent tout ceux qui l’ont vécu : "le meilleur moment de 
notre vie". Encore plus intense que l’amour et la passion pour la femme sa vie... Tout se déroulait 
doucement. Puis il y a eu la naissance de son fils.
Avant de raconter cette naissance il faut vous parler des neufs mois qui ont précédé. Pendant que sa 
femme portait le foetus, lui, il connaissait une crise, rejetant la société et piquant des colères sans 
noms à faire pleurer sa femme enceinte. Il devait de plus déménager, vendre leur maison, vendre le 
potager... C’en était trop pour lui. Il voyait s’éloigner ses rêves d’autarcie. Sa femme l'entraînait 
toujours un peu plus, le liait toujours un peu plus à la société de consommation. Il criait, elle 
pleurait. Elle lui en voulait énormément, en gâchant sa grossesse jusqu’à trois jours avant 
l'accouchement. Lui, il ne se rendait compte de rien.
Puis William est né. Son délire asocial continuait. Sa femme un an après commençait des études 
d’infirmière. William était petit, trop petit pour supporter tout cela. Sa nourrice opposé à ses parents 
n’arrangeait rien. Sa psychiatre a vers ses trois ans et demi diagnostiqué une dépression du 
nourrisson. Comment résumer ces trois ans passés. C’est impossible.
Quand il ont déménagé le petit avait deux ans et demi. C’est alors que son père a pris conscience du 
mal qu’il avait fait. Le petit William si beau avec ses yeux bleus, ne se mettait pas à parler. Il le 
promenait souvent dans le parc de la ville et au départ ne savait pas s’amuser avec son fils, tant il 
était déprimé de voir l’état de son fils.
Puis il a pris goût à son fils. A trois ans et dix mois, il s’est mis à parler. Le petit William prend lui 
aussi goût à la vie... Il a une nouvelle nounou. Il saute de joie en la voyant. Son père joue avec sa 
soeur et lui à cache-cache, au loup, au facteur n’est pas passé...