le Tabako trio et son morceau "toi et les nuages"
une pure merveille....
Un rayon de soleil traverse notre séjour et me caresse le corps de sa chaleur. Non il n’ y a rien de
neuf. Être comme un poisson à la mémoire de trois secondes ou collectionner en mémoire les infinis
variations de la vie : est ce là le dilemme. Non juste prendre du plaisir, ne plus faire une gueule de
six pieds de long.
Je suis seul devant mon clavier. Il fait bon, il fait beau. Tout est bien. Marie est partie faire couper
les cheveux des enfants. Je suis seul et j’attends. Je suis seul et je rêve un rêve blanc, une sorte de
sensation de bien-être sans désir, un accomplissement sans mouvement qui ne demande qu’à se
réaliser mais plus tard, plus tard quand il sera peut-être trop tard, quand tout cela sera fini. Il me
restera le souvenir de ce temps là, de ce temps contemplatif.
Ces hommes qui construisent l’avenir, me portent, m’emportent. Si je n’en suis pas ou très peu, je
sais que leur action fait partie du tout, qu’elle n’est pas une excroissance monstrueuse, un cancer.
Non, l’action construit le monde qui évolue, qui évolue sans cesse sous mes yeux, mes yeux clairs
et mon corps baignés ne pleure plus d’incertitudes.
Je ne suis pas un homme d’action. Eh alors. Comme tous les contraires je suis là, je coexiste avec
cet homme là. Je ne sais pas mon rôle, je n’ai peut-être pas de rôle. J’écris des choses inutiles. Mais
je n’en souffre plus. J’emmagasine, je disperse mon énergie. Je remercie la Vie pour tous les
contraires, sans qui il n’y aurait pas de Vie.
Merci.
12
Je voudrais juste conclure pour tout ceux qui exècrent ma vie vacante et celle des dépressifs, pour
tout ceux qui auraient en horreur le doute, pour tout ceux qui ne savent pas que je ne vis pas de RMI
mais du salaire du silence, du salaire de professeur. Pour ceux-là je voudrais juste dire : nous
sommes des variations sur un même thème. Le thème de la vie comme un arbre qui élance chacune
de ses branches vers le soleil, où chaque feuille a une place, et où la place est chaque fois différente
mais participe à l’ensemble.
Si je regrette encore les temps anciens où nous étions cueilleur chasseur, pourtant si loin de cette
culture, je sais maintenant que tout est culturel, que celui qui ne mange pas comme toi aime la vie
aussi, que notre vie dépend toujours du discours paternel, de cette tradition que nous transmettent
nos pères.
Si je suis une minorité réduite à un seul chant, si je rêve de liberté et d’indépendance, si je rêve
d’autarcie, si ma pensée est fausse, c’est un circuit inscrit au plus profond de moi, un discours
irrépréhensible, inviolable, éternel.... Un chant qui fait parti du monde depuis que le monde est
monde. Un chant que d’aucun dirait réactionnaire, anti progrès... Tout cela je le sais.
J’ai renoncé à l’étude que nul n’élude pour paraphraser Rimbaud. Renoncer à l’étude et vous
connaîtrez la paix dit LLao Tseu. Voilà mon chemin et il n’est pas facile, croyez moi !
Rimbaud disait "j’ai fait la magique étude du bonheur que nul n’élude"...
Je suis un esprit lent qui n’emmagasine rien, je suis comme une chambre que traverse le vent et
chauffe le soleil. Tout ce que j’ai pu pensé n’a maintenant plus d’importance. Je laisse à ceux qui le
désirent, la volonté de mener la bataille du progrès. Je ne suis pas de ceux par qui le monde se fait
ou se défait. Je suis comme une chambre où le vent et le soleil passent. Je ne suis là pour personne,
acceptez-le !!